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mercredi, 15 mai 2019

Débats vifs et salle comble lors du 30e congrès du Graap

COMMUNIQUE DE PRESSE
 
Débats vifs et salle comble
 
Le 30e congrès du Graap, qui s’est déroulé les 8 et 9 mai à Lausanne, a réuni chaque jour près de 500 personnes. Il a abordé, en présence de spécialistes et de personnes victimes, la contrainte en psychiatrie.
 

Le Dr Vincent Barras expose l'histoire de la contrainte en psychiatrie.
Crédit-photo :  Graap / Nicolas Caviedes
 
 
Durant deux jours, le congrès du Graap (Groupe d’accueil et d’action psychiatrique) a examiné en profondeur les enjeux et dimensions de la contrainte en psychiatrie. En présence de médecins, d’infirmiers, de juges, de policiers, d’assistants sociaux, d’historiens, de juristes, de représentants d’organisations de défense des patients, et surtout de personnes qui ont été confrontées à la contrainte, il a mené une réflexion marquée par de vifs échanges, en particulier lors des témoignages de personnes victimes d’une contrainte abusive.
 
Le congrès a été alimenté par les réflexions issues de 18 ateliers citoyens, tenus de janvier à mars dans tous les cantons romands. Les réflexions issues de chaque canton ont fait l’objet de six restitutions. Les personnes confrontées à la contrainte ont exprimé des sentiments divers à l’égard du personnel soignant: reconnaissance pour les soins reçus, colère à l’encontre de certains professionnels manquant d’empathie ou scotchés derrière leurs ordinateurs, soulagement d’avoir été écouté, impression d’avoir été infantilisé. Elles ont également relevé que les PLAFA (placements à des fins d’assistance) contribuent, assez fréquemment, à soulager des proches débordés par l’intensité d’une crise psychotique ou d’une décompensation.
Les chambres de soins intensifs ont, quant à elles, suscité de nombreuses critiques: isolement quasiment total qui renforce le désespoir des personnes enfermées, manque d’hygiène, enfermement trop long.
 
Le congrès a montré que l’usage de la contrainte en psychiatrie se situe au carrefour d’une logique de soins et de protection. La première vise à favoriser la guérison, la seconde à protéger, parfois contre son gré, une personne constituant un danger pour elle-même et pour son entourage. Tout au long de l’histoire, l’équilibre entre soins et protection a suscité des interrogations et des débats. Durant les années 1960, l’antipsychiatrie, initiée par Franco Basaglia, a critiqué l’usage abusif de l’enfermement et de la contrainte. Elle a contribué à diminuer le nombre d’hospitalisations et à favoriser l’insertion sociale de personnes confrontées à la maladie psychique. Aujourd’hui, le principal enjeu consiste à utiliser la contrainte à bon escient et dans des situations qui la justifient vraiment. Une exigence cruciale à l’heure où, dans les débats de société, la sécurité tend à se substituer au respect des libertés individuelles.
 
La fin du congrès a été marquée par la projection, en avant-première, d’un documentaire de ‘’Plans Fixes’’ sur Madeleine Pont. Fondatrice du Graap en 1987, puis directrice générale jusqu’en 2012, Madeleine Pont est une figure incontournable du domaine socio-médical vaudois. Le film a suscité une vive émotion dans une salle archi-comble.
 
 
Marie Israël: 079 891 29 95
Alexandre Mariéthoz: 079 203 96 37
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