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Le Bal de l’Entraide s’est déroulé hier soir au Casino de Montreux, en présence de plus de 600 participants. Il a permis à des personnes d’horizons très divers de se côtoyer et de danser en toute décontraction. Cet événement a clos en beauté les événements organisés pour les 30 ans du Graap.
 
Les festivités ont débuté vers 18h30, puis se sont prolongées jusque tard dans la nuit. Les 600 convives ont pu découvrir, puis acheter aux enchères, des œuvres d’art réalisées par des artistes du Graap. Tout au long de la soirée, des personnes issues de milieux très différents, mais toutes exposées à la vulnérabilité, ont échangé et dansé ensemble, ce qui a contribué à atténuer les préjugés qui, parfois, entourent encore la maladie psychique.
 
L’entier du bénéfice de la soirée financera une cuisine professionnelle dans le nouveau centre du Graap de la Riviera. «Cela dit, relève Dominique Brustlein, cheville-ouvrière de l’organisation du bal, le résultat de cet événement ne se résume pas, et de loin, à la somme recueillie. Il a permis de faire encore davantage connaître le Graap et, surtout, de sensibiliser un large public à la fragilité psychique. Le monde actuel est de plus en plus stressant, impitoyable et axé sur la compétition. Dans un tel contexte, nous risquons tous de décrocher et d’avoir, un jour, besoin du Graap pour retrouver la faculté d’influer sur notre avenir.»
 
«Cet événement a clos en beauté les festivités organisées pour nos 30 ans, ajoute Jean-Pierre Zbinden, directeur du Graap. Pour commémorer ses 30 ans, Ie Graap a élaboré, en partenariat avec ses deux consœurs l’AFAAP[1] et l’ANAAP[2], un ouvrage inédit sur la mobilisation des patients en Suisse romande depuis les années 1980.» Cet ouvrage, édité par Médecine & Hygiène et intitulé «Folie à temps partiel: d’objet de soins à citoyen», est disponible en librairie depuis le 17 mai dernier. «Le Graap, poursuit Jean-Pierre Zbinden, a ensuite, en collaboration avec Rebond’Art, mis sur pied une pièce de théâtre, ‘’On est tous Achille’’, qui a fait salle comble à Colombier (NE), puis à Lausanne. Le succès de la pièce est tel qu’elle sera à coup sûr rejouée l’année prochaine. Enfin, le Bal de l’Entraide a dépassé nos espérances avec plus de 600 participants.»
 
Tous ces événements ont contribué à atténuer les préjugés à l’encontre des personnes en proie à des troubles psychiques et à montrer que nous sommes tous vulnérables.
 
Marie Israël et Alexandre Mariéthoz
 

Crédit-photo: Michael Zen Ruffinen.
 

 

Le dimanche 19 novembre, la RTS1 a passé un reportage sur les PLAFA (placements à des fins d’assistance) au journal de 19:30.
 Inititulé "Urgences psychiatriques: hospitalisations forcées en augmentation",  vous pouvez le visionner sur le site de la RTS1.

La psychoéducation, un concept en mouvement

Se former et s’informer pour mieux maîtriser sa maladie, pour mieux accompagner son proche souffrant de troubles psychiques. C’est le principe de base de la psychoéducation. Son objectif? Permettre aux personnes de surmonter leurs troubles par l’apprentissage et l’acquisition de compétences. Dans le dossier de ce numéro, «Diagonales» a voulu explorer les différentes facettes de ce concept au nom familier pour beaucoup, mais dont la véritable signification reste souvent mystérieuse.

La version classique de la psychoéducation, née dans les années 1970, réunit un groupe de pairs (personnes concernées par la maladie ou proches) pour une série de séances alliant cours et partage d’expériences. La formule est aujourd’hui largement répandue et a fait ses preuves, comme en témoignent nos articles sur des expériences genevoises et fribourgeoises.

Mais avec le temps, de nombreuses autres façons d’acquérir des connaissances sur la maladie et les traitements, que l’on peut associer à de la psychoéducation, ont vu le jour. Les prestations à la croisée des chemins entre éducation et psychologie que propose Roland Hifler dans ses centres en sont un exemple marquant, adapté aux enfants et aux jeunes adultes. Les plateformes Internet, comme le programme e-motion du Réseau fribourgeois de santé mentale, en sont une autre illustration, permettant d’atteindre des personnes isolées. Et depuis peu, un nouvel outil a fait son apparition: les «serious games», ces jeux vidéo «sérieux» à visée thérapeutique et/ou informative. Avec eux s’ouvre une nouvelle palette des possibles qui permettra certainement de toucher les nouvelles générations.

Quelle que soit sa forme, l’idée de la psychoéducation est toujours la même: transmettre des compétences et des connaissances aux personnes concernées, aux proches, voire à un plus large public dans le cas des jeux vidéo. Mais elle s’appuie également, et même surtout, sur l’expérience des personnes concernées et des proches. «La psychoéducation part de l’idée que le patient est l’expert de sa propre maladie», insiste ainsi le professeur Jean-Michel Aubry. Comme toujours en psychiatrie, l’alliance des différentes expertises constitue le préalable à toute solution durable.

Stéphanie Romanens-Pythoud

 Plus d'infos sur la page Diagonales.

mercredi, 11 octobre 2017

30 ans du Graap

Retrouvez le programme des 30 ans du Graap en cliquant sur le lien Programme des 30 ans du Graap !

L'authenticité, cette vérité de l'être

Lorsque nous avons reçu le thème de la prochaine Journée mondiale de la santé mentale à la rédaction de «Diagonales», nous sommes restés perplexes durant quelques instants. L’authenticité… Qu’allions-nous pouvoir écrire sur un thème si vaste, si abstrait, si intime? Et comment allions-nous le relier à la santé mentale?

Un long silence s’est installé autour de la table en pleine séance de rédaction, laissant chacun à ses interrogations, le regard dans le vide ou, au contraire, concentré sur un point imaginaire, à l’affût d’une idée… Puis, d’un seul coup, la parole s’est déliée. Le thème, obscur quelques instants plus tôt, prenait forme, avec une multitude d’«angles d’attaque» possibles. D’une page blanche, nous nous sommes retrouvés avec plus de possibilités que de pages disponibles… et donc avec une sélection à opérer pour construire un dossier cohérent… Nous espérons aujourd’hui que nos choix vous sembleront pertinents!

Avec un sujet si personnel, il nous a paru important d’aller au-delà du débat philosophique qui occupe les érudits depuis l’Antiquité, pour nous intéresser à ce que l’authenticité signifie concrètement, dans la vie de tous les jours, pour les personnes concernées par la maladie psychique. Il nous semble que les échanges du groupe d’entraide du Graap-Fondation de Lausanne, relatés dans un article du dossier, montrent, mieux que n’importe quelle théorie, à quel point l’authenticité touche à l’essence même de ce que nous sommes. Et dans quelle mesure elle peut être vécue différemment d’une personne à l’autre, d’une situation à l’autre, sans pour autant trahir cette vérité singulière, ou cette vérité de l’être dont parle le philosophe français Oscar Brenifier.

Ce caractère éminemment intime de l’authenticité, et de ce qu’elle implique pour chacun de nous, se dégage également des autres articles que nous avons choisi de vous présenter. Que ce soit dans les relations sociales que décortique Olivier Spinnler, dans les relations entre le thérapeute et son patient que décrit Nicolas Nussbaumer ou lors de la recherche d’un emploi, quiconque veut être authentique est amené à puiser au plus profond de lui. Car, comme le dit Fabienne Loriol Egger, coach et formatrice, «l’important est surtout de se dire la vérité à soi-même».

Stéphanie Romanens-Pythoud

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