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Regards 2017, le rapport d'activité du Graap-Fondation, vient de sortir. Retrouvez-le à la page Rapports d'activité !

Le 22 mai dernier, Radio Django a consacré son Grand Direct au thème du récent congrès du Graap-Fondation. Plusieurs intervenants du congrès se sont exprimés dans cette émission (Carole Mock, Oriana Bruecker, Pascale Ferrari et Yves Dorogi). Vous pouvez écouter cette émission en vous rendant sur le site web de Radio Django.

Aboutissement du référendum

 Avec plus de 55'000 signatures récoltées au 5 juin 2018, le référendum contre la base légale pour la surveillance des assurés a virtuellement abouti. Le peuple suisse sera donc appelé à voter sur cette question début 2019. Merci à toutes les personnes ayant signé le référendum ! S’il vous reste des signatures, merci de les renvoyer au plus vite !

 

Communiqué

 Base légale sur la surveillance des assurés : le comité de la Coraasp soutient le référendum

 La récente modification de la loi sur la partie générale des assurances sociales, qui introduit une base légale autorisant les assureurs à organiser la surveillance secrète de leurs assuré-e-s sans devoir demander l’accord d’un juge, constitue une atteinte à la dignité et une menace pour la santé des personnes déjà psychiquement vulnérables. C’est pourquoi le comité de la Coraasp et le Graap soutiennent le référendum contre la modification de cette loi et invite ses organisations membres à en faire de même.

Une menace pour la santé des personnes déjà vulnérables
Le 16 mars dernier, une majorité du Parlement fédéral a accepté d’introduire dans la loi sur la partie générale des assurances sociales (LPGA) un article permettant aux assureurs de toutes les assurances sociales d’ordonner la surveillance secrète de leurs assuré-e-s. Plus encore, cette nouvelle base légale autorise ces mêmes assureurs à recourir à des instruments techniques, comme par exemple des enregistrements visuels, sans avoir à demander l’autorisation à un juge. Pour le comité de la Coraasp et le Graap, cette modification de loi permettant aux assureurs un droit presque illimité de surveillance sans aucun contrôle judiciaire est humiliante, porte atteinte à la dignité et représente une menace pour la santé des personnes déjà psychiquement vulnérables.

En effet, pour de nombreuses personnes atteintes dans leur santé psychique, sortir de chez soi représente un vrai défi, source d’angoisses à surmonter. Il faut parfois des semaines d’encouragement et de soutien des thérapeutes et de l’entourage pour qu’une personne, souffrant par exemple de dépression profonde, accepte de sortir de chez elle pour aller prendre un café avec une amie. Ce qui constitue ici un acte thérapeutique peut devenir objet de suspicion et de surveillance par simple décision de l’assurance. Le poids de cette possibilité est inacceptable et dangereux pour les personnes atteintes dans leur santé psychique qui ont déjà bien souvent perdu l’estime d’elles-mêmes, la confiance à l’égard du système, voire même le goût à l’existence.

Toutes et tous concerné-e-s par une mesure disproportionnée et anticonstitutionnelle
Cette modification de loi impactera toutes les assurances sociales : assurance maladie, chômage, accidents, invalidité, AVS, etc. C’est dire que nous sommes toutes et tous concerné-e-s. Ce qui choque dans cette nouvelle disposition c’est une forme d’introduction de justice à deux vitesses, alors que la Constitution fédérale garantit que nous sommes tous égaux devant la loi (art. 8 de la Constitution).
En matière pénale, pour espionner une personne il faut une décision de justice. Alors qu’en matière d’assurances sociales, avec cette modification de loi, une assurance maladie pourrait elle-même décider d’engager un détective privé pour surveiller secrètement l’un de ses assurés. Deux poids, deux mesures… disproportionné et inacceptable.
C’est pourquoi le comité de la Coraasp et le Graap soutiennent le référendum contre la modification de cette loi.


Contacts :
Florence Nater – directrice de la Coraasp – florence.nater@coraasp.ch
Fernando Fiori – vice-président de la Coraasp - ffiori@bluewin.ch
J.-Pierre Zbinden - directeur général du Graap-F. - jean-pierre.zbinden@graap.ch

 

 
Vous trouverez différents argumentaires dans la rubrique Base légale sur la surveillance des assurés de la page Dossiers thématiques.

mercredi, 09 mai 2018

Diagonales 123, Dossier Rire

Un bon médicament

«Rire, c’est bon pour la santé.» Au-delà du ton et de la forme qui lui ont valu les railleries de la planète entière, le conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann avait raison lors de son discours prononcé à l’occasion de la Journée des malades, le 5 mars 2017. Le rire fait du bien
physiologiquement, psychiquement, mais aussi, et peut-être même surtout, socialement. Selon les situations, il offre de la détente, un moment d’évasion, une échappatoire et, très souvent, il crée du lien.

Pour l’humoriste romande Brigitte Rosset, le rire est même un bon médicament. Elle le dit sans ambages dans notre dossier consacré au sujet: il l’a aidée à rebondir lorsqu’elle était au fond du trou. En clinique, il lui a permis de dédramatiser sa situation.

Les effets bénéfiques du rire sont désormais prouvés par de nombreuses études. Celui-ci n’a jamais été aussi analysé qu’aujourd’hui (il existe même des gélotologues, des spécialistes du rire!). Les hôpitaux l’ont compris depuis longtemps, à l’image des HUG qui sont à l’origine d’Hôpiclowns. Depuis plus de 20 ans, les clowns de l’association genevoise passent chaque semaine dans les
unités pédiatriques de l’hôpital et, depuis une dizaine d’années, ils animent aussi les zygomatiques de nombreux adultes hospitalisés.

Paradoxalement, il semble que nous rions moins qu’avant dans nos sociétés. Nos gorges ne se déploieraient plus que quelques petites minutes par jour. Une évolution qui explique certainement une partie du succès des pratiques telles que le yoga du rire, qui se multiplient dans nos contrées.

Dans certains cas, le rire peut néanmoins être un rempart cachant un grand vide, une détresse. Pour les personnes concernées, ces «dépressifs souriants», lorsque le rempart lâche, le choc peut être extrêmement violent, dévastateur. D’où l’importance de prêter une réelle attention aux personnes qui nous entourent, et de s’assurer que leur rire est un rire qui crée du lien, et non un
rire de façade.

Stéphanie Romanens-Pythoud

 Plus d'infos sur la page Diagonales.

Le 29e congrès du Groupe d’accueil et d’action psychiatrique (Graap) a abordé, hier et aujourd’hui, un thème vital: le suicide. Plus de 600 personnes, issues d’horizons très variés, y ont participé au Casino de Montbenon, à Lausanne.

Durant ces deux jours, les échanges ont été nourris, instructifs, engagés et émouvants. Des interventions d’experts, l’expérience de personnes directement confrontées au suicide (en particulier les proches et les professionnels), ainsi que les témoignages de personnes qui ont commis une tentative de suicide, ont permis d’appréhender ce fléau. Au fil des conférences, le public a pu percevoir la souffrance aiguë des personnes assaillies par des idées suicidaires, l’impasse dans laquelle elles ont l’impression de se trouver, l’ambivalence de leurs émotions. Il a aussi pu réaliser la détresse des proches et la complexité de leur deuil, l’engagement des professionnels, ainsi que la nécessité de parler ouvertement du suicide pour mieux le prévenir.

Plusieurs intervenants ont brisé des idées reçues. Tout d’abord, la Suisse a réduit de plus d’un tiers le nombre de suicides depuis les années 1980: grâce surtout à des politiques de prévention, elle affiche désormais un taux de suicide proche de la moyenne mondiale. Le suicide des jeunes (de 15 à 29 ans) connaît toutefois une légère hausse depuis 2015, ce qui corrobore la nécessité d’une vigilance permanente en matière de prévention. Autre constat: le suicide ne peut être assimilé à un choix rationnel; il s’inscrit le plus souvent dans un contexte de crise où la personne est dissociée de son entourage et d’elle-même.

De nombreuses pistes ont été évoquées pour prévenir le suicide. Réduire l’isolement des personnes en souffrance est essentiel; la solitude et l’absence de soutien social ou psychologique augmentent les risques de commettre le geste fatal. Dans les cas les plus graves, les urgences psychiatriques jouent un rôle crucial pour sortir les personnes en crise de leur isolement. De leur côté, les groupes de parole et l’art-thérapie contribuent à atténuer les souffrances des proches endeuillés.

Enfin, le suicide recule lorsque la société ose en parler. Les tabous ont d’ailleurs fait l’objet de nombreuses discussions et interventions. D’origine religieuse et culturelle, ils ont longtemps empêché de parler du suicide et dissuadé des personnes en détresse de solliciter de l’aide. La nécessité de transformer le tabou en paroles et en actes a été soulignée par plusieurs intervenants, à l’image de Sophie Lochet, coordinatrice de STOP SUICIDE: «Chacun peut faire de la prévention en étant à l’écoute de son entourage et en laissant des portes ouvertes à ses amis pour en parler.»


Marie Israël: 079 891 29 95
Alexandre Mariéthoz: 079 203 96 37


Le Graap se tient à votre entière disposition pour organiser des interviews d’intervenants et/ou recueillir des témoignages de personnes directement confrontées au suicide. Nous tenons également à votre disposition des photos du congrès.

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