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Les faîtières du monde du handicap, la Coraasp et les Graap-Fondation et Association ainsi que de nombreux mouvements citoyens ont soutenu le référendum contre la modification de la loi qui introduira la possibilité de mesures disproportionnées de surveillance des bénéficiaires des assurances sociales. Nous vous invitons à vous mobiliser pour que cette loi soit refusée dans les urnes, le 25 novembre prochain.

Vous trouverez la prise de position de la Coraasp et du Graap ainsi que d'autres informations et argumentaires sur cette votation à la page "Dossiers thématiques".

A l’occasion de la journée mondiale de la santé mentale du 10 octobre 2018, la CLASS (Conférence latine des affaires sanitaires et sociales), en partenariat avec la Coraasp, lance une campagne nationale de promotion de la santé psychique sur 4 ans. Son objectif : que chacun-e ait conscience qu’on peut prendre soin de sa santé mentale comme de sa santé physique. Cette campagne vise aussi à mieux faire connaître les ressources disponibles pour permettre aux personnes d’aborder plus sereinement les situations critiques de la vie.

Vous trouverez tous les détails concernant cette campagne sur la plateforme Santépsy.ch .

Depuis le 1er septembre 2018, le canton de Vaud a pris des mesures pour alléger la charge financière représentée par l’assurance-maladie. Beaucoup d'assurés ont droit à des subsides pour payer moins cher leurs primes. Le Graap encourage les assurés à s'informer sur leurs droits et à les faire valoir le cas échéant. Il est possible de demander des précisions aux services et assistants sociaux.
L’objectif du nouveau subside est de limiter dès le 1er septembre 2018 la charge relative aux primes d’assurance maladie à 12% du revenu déterminant. Dès le 1er janvier 2019, la limite sera de 10%.

Pensons à l'envers!

Et si les troubles psychiques étaient une pure construction? Et si, dans l’antichambre d’un cabinet, tout votre système de références était mis sens dessus dessous? Ça vous semble farfelu? C’est pourtant exactement ce qui arrive à certains patients lorsque la psychiatrie ignore leur ancrage socioculturel. Considérées comme pathologiques, ici, ces voix
qu’ils entendent étaient divines, là-bas. «Chaque culture produit non seulement un certain type de troubles psychiques, mais aussi une manière de les percevoir et de les traiter», nous dit l’ethnopsychiatre Franceline James, dans l’interview de la page 4.

Bien sûr, il ne s’agit pas ici de lancer un appel au mysticisme, ni d’enfermer les troubles dans un culturalisme rigide, figé. Seulement, imaginez deux secondes le monde sous un autre jour. Voilà l’effort qu’on vous demande dans ce numéro consacré à la santé mentale dans différents contextes socioculturels.

Penser «out of the box», ne serait-ce qu’un instant, permet de saisir quelque chose d’infiniment humain, d’universel, dans la trajectoire de l’autre. Le travail des interprètes communautaires s’inscrit dans cette démarche. Dans les cabinets, ils parlent la langue du patient, connaissent ses codes, mais aussi les us et coutumes du thérapeute. Plus que des traducteurs, ils constituent un pont, deviennent des interprètes du parcours de vie, donnant à voir et à entendre le système de référence du patient, son univers, ses valeurs, ses questionnements. En Suisse, l’interprétariat
communautaire a le vent en poupe. Mise en place par l’association vaudoise Appartenances en 1996, la formation à cette profession a depuis été élargie au reste de la Suisse romande. Elle est soutenue par la Confédération (brevet fédéral).

Mais jusqu’où la compréhension peut-elle vraiment aller, sans interaction directe entre les deux protagonistes d’une thérapie? Au Guatemala, certains psychothérapeutes font un choix audacieux. Face au besoin évident de compréhension mutuelle, ils apprennent les langues mayas, idiomes maternels de leurs patients. Certes, le phénomène reste marginal. Le constat n’en est pas moins encourageant. Bienvenue dans la psychiatrie 3.0 où l’interaction se réinvente. Et où la notion d’«intégration» ou d’«adaptation» peut être envisagée à contresens.


Renata Vujica

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Numéro d’équilibriste

Assurer la sécurité de la population tout en protégeant les libertés individuelles de chacun relève du numéro d’équilibriste, voire du défi impossible. C’est d’autant plus vrai lorsqu’une personne souffre de troubles psychiques, d’une déficience mentale ou d’un grave état d’abandon, et qu’un-e professionnel-le estime qu’elle représente un danger pour son entourage ou pour elle-même, cela même si elle n’a commis aucun délit.

Dans un tel cas, un placement à des fins d’assistance (PAFA ou PLAFA) peut être prononcé, et la personne concernée se voir placée dans une institution dite «appropriée», bien souvent en hôpital psychiatrique, ce qui entraîne inévitablement une restriction de ses libertés. Et des souffrances. Pour elle, mais aussi pour ses proches. Les différents témoignages de notre dossier sont sans équivoque à cet égard.

Or le taux de PAFA prononcés en Suisse est relativement élevé, en comparaison avec l’Europe. Et il augmente même continuellement depuis quelques années dans certains cantons, Vaud en tête (de grandes disparités existent entre les cantons). Cette situation serait-elle liée à un besoin accru de sécurité au sein de la population? Des PAFA sont-ils prononcés par manque d’alternatives? Aucune explication claire n’a pu être identifiée à ce jour, selon le Dr Stéphane Morandi, médecin associé au Service de psychiatrie communautaire du CHUV et médecin cantonal adjoint.

Il n’en reste pas moins qu’une tendance sécuritaire dans la société se dessine depuis plusieurs années. L’assouplissement du secret médical pour les détenus considérés comme dangereux et l’adoption récente par le Parlement suisse d’une loi sur la surveillance des assurés en sont des signes.

Dans ce contexte, il n’est pas étonnant qu’il manque des institutions comme l’Unité des Lilas à Genève qui accueille des détenus ayant des troubles psychiques et pour qui une mesure institutionnelle en milieu ouvert a été décidée. Selon le responsable de l’unité, le monde de la justice et celui des médecins ont des objectifs parfois diamétralement opposés: le premier doit assurer la sécurité de la société, alors que le second essaie de soigner un patient dans des conditions qui peuvent être
compliquées.

Malgré ces tensions, notre dossier montre des professionnels conscients des enjeux et désireux d’améliorer la situation. Des espaces comme les Cafés «Prison» du Graap-Association, qui réunissent l’ensemble des acteurs impliqués, y compris les personnes concernées, sont une ressource précieuse à cet égard.


Stéphanie Romanens-Pythoud

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