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La santé mentale est fondamentale

Prendre soin de son équilibre psychique est essentiel. Trop souvent, pourtant, on l’oublie. Cette dimension de l’individu est reléguée au second plan, voire ignorée totalement.

Les chiffres ne souffrent pourtant aucune contestation: les coûts liés à la santé mentale ne cessent de croître. Dans nos sociétés en pleine mutation économique, numérique, démographique et sociale, les problématiques liées à l’équilibre psychique ont malheureusement de beaux jours devant elles.

Le renforcement de la considération pour la santé mentale constitue ainsi une priorité pour le futur. L’accent doit être mis sur la prévention. Comment? «Diagonales» esquisse des pistes. Cette édition spéciale, réalisée en collaboration avec la Coraasp, est consacrée à la campagne nationale pour garder, développer ou retrouver une bonne santé mentale. Des choix ont été faits sur les problématiques pouvant affecter l’équilibre psychique à différentes périodes de l’existence: échec scolaire, sexualité, harcèlement, burnout, divorce, maladie, précarité, isolement, retraite, etc. La liste n’est pas exhaustive.

Nous avons rencontré des professionnels en lien avec la santé mentale, dans toute la Suisse romande. Des témoignages décrivent les difficultés rencontrées, mais aussi les ressources développées. Ils présentent surtout de véritables «outils» de résilience pour le lecteur. Pour entretenir cet équilibre psychique, souvent si discret mais si important, tout au long d’une vie.

Laurent Donzel

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Les folles couleurs de la «Mad Pride»

«Le 10 octobre, la Journée mondiale de la santé mentale verra la tenue d’une Mad Pride à Genève.» Quand cette phrase a été prononcée en séance de rédaction, les regards se sont croisés, intrigués: personne n’avait jamais entendu le terme «Mad Pride». Bien que cette manifestation festive existe depuis longtemps à l’étranger, aucune n’a encore eu lieu en Suisse. Et pour cause: ici, il n’est pas coutume de manifester, de se montrer, de révéler. On préfère ne pas déranger, ne pas gêner. Surtout lorsqu’on souffre, qu’on se sent particulier. Pourtant l’indifférence et le silence deviennent destructeurs. Ils peuvent même tuer.

L’idée de défiler demande donc de l’engagement, de passer un cap, mais elle semble fondamentale pour progresser. Que l’on soit atteint dans sa santé psychique, proche de personnes en souffrance, professionnel ou simplement sensible à cette situation.

La «Pride» veut faire reconnaître la santé mentale comme un besoin vital au même titre que la santé physique. Elle cherche à mobiliser les citoyens aux côtés de personnes vivant avec des troubles psychiques, et elle veut rappeler que les maladies mentales ne sont pas irréversibles, que l’on peut se soigner et avoir sa place dans la société.

Peut-être qu’ici aussi les temps changent, finalement. La honte, la pudeur, le sentiment de gêner peuvent s’effacer face au besoin de reconnaissance, de solidarité et d’union. Un récent 14 juin historique et violet est là pour nous le rappeler. La Suisse bouge et existe. Rendez-vous donc ce 10 d’octobre, déguisé ou non, au bout du lac. Pour le colorer d’un brin de folie.

Laurent Donzel

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Il faut que tu respires...

Le souffle. Un phénomène vital, instinctif, aux vertus essentielles, mais dont les répercussions sur l’ensemble de notre santé corporelle et mentale semblent sous-estimées. Des études se penchent pourtant sur ses vertus thérapeutiques. Le champ des possibles s’avère ainsi bien plus large — et prometteur — qu’imaginé. L’approche médicale holistique apparaît comme indispensable pour relier ce phénomène aux autres composants de l’être humain sur le plan physique, psychique, voire spirituel pour certains. Car les vertus de la respiration sont connues depuis des millénaires. Associée parfois historiquement à une énergie divine, elle peut se lier à une dimension méditative.

Dans une démarche moins éthérée, «Diagonales» s’est attelé à tester une méthode thérapeutique par la respiration. Notre rédacteur a essayé quelques techniques. Résultat très positif et concluant: son expression de détente après la réalisation de ce reportage valait toutes les explications du monde!

Nous avons également mis l’accent sur la méthode Feldenkrais, qui lie harmonieusement mouvement et souffle.

Car la respiration, avec son double système de contrôle, a ceci de particulier: elle se fait automatiquement, mais nous disposons aussi d’un pouvoir d’influence volontaire sur elle. L’appareil respiratoire renvoie ainsi des informations à des zones cérébrales impliquées dans les émotions. Les exercices de respiration pourraient donc modifier durablement la plasticité neuronale et déployer des effets très positifs sur la santé physique et mentale. A condition, bien sûr, de les pratiquer régulièrement. Une discipline que l’on abandonne souvent, pour des raisons un peu mystérieuses, alors que nous disposons d’un outil fondamental toujours disponible pour notre bien-être.

Laurent Donzel

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La réforme des PC (prestations complémentaire à l'AVS et à l'AI) a été adoptée par les deux chambres du Parlement le 22 mars 2019. Au Conseil national, la réforme a récolté 142 oui et 54 abstentions. Au Conseil des Etats, la réforme a été approuvée par 39 oui, 1 non et 4 abstentions.

L'Alliance PC, composée notamment d’organisations de séniors et de personnes en situation de handicap (dont AGILE.CH et Inclusion Handicap), renonce à saisir le référendum. Cette alliance avait été créée pour suivre de près les délibérations de la révision PC en défendant les droits et les besoins des personnes concernées.

Vous trouverez plus de détails ainsi que des liens vers les réactions d'AGILE.CH, d'Inclusion Handicap et de l'Alliance PC dans l'onglet "Prestations complémentaires (PC)" de la page Dossiers thématiques du site.

Contraindre pour protéger?

Maladies psychiques et contrainte, tel est le thème du prochain congrès du Graap en mai. La contrainte a évolué, mais elle restera toujours l’objet d’une saine et nécessaire contestation. Son usage revêt des formes qui peuvent varier, selon l’histoire de l’établissement qui la pratique, les
cantons et les pays.

L’enfermement en chambre de soins intensifs, la fixation par des sangles ou la médication forcée constituent plusieurs de ces mesures extrêmes. Bien sûr, la contrainte est légalement autorisée: elle se justifie par la protection du patient ou d’autrui. Quand la personne en crise refuse les soins, quand elle a perdu sa capacité de discernement.

Cette limitation des libertés individuelles reste pourtant une atteinte grave aux droits de la personne. Elle est un enjeu permanent de lutte, de réinvention et de reconsidération pour tenter d’en minimiser l’impact potentiellement violent, voire destructeur, sur l’individu. Des solutions alternatives pour atténuer ces ultimes recours se sont développées. Dans ce dossier, nous abordons les directives anticipées et les plans de crise conjoints. Nous avons également voulu comprendre l’intervention de la police dans les cas d’urgences psychiatriques. Dans ces situations,
le dialogue de crise est fondamental. Une relation de communication spécifique contre la peur, prônée également du côté médical.

Pourtant, malgré cette volonté affichée de dialogue, la réalité vécue par les personnes ayant subi ces mesures peut être très traumatisante. Les témoignages nous le rappellent: des patients ont courageusement accepté de livrer leurs souvenirs douloureux. Des souvenirs que beaucoup préfèrent enfouir. Leurs propos témoignent de la violence ressentie et de la perte de dignité. Ils glacent le sang. Le dialogue, l’alliance thérapeutique, tant défendus, semblent alors bien loin.

Laurent Donzel

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